Quand une philosophe nous invite à nous relier à notre élan vital


Sophie Chassat est une philosophe praticienne, dont la réflexion est nourrie par un cheminement intime, l’observation du monde, l’accompagnement des organisations à révéler/trouver – entre autres- leur raison d’être.


Sophie a la particularité d’oser décrire, dessiner son expérience de l’élan vital tout en nous offrant un dépliement intuitif, raisonné, fulgurant de l’élan vital. Elle donne des clés très stimulantes sur les contextes qui nourrissent l’élan vital, le porte vers son déploiement qu’elle nomme « biophores » et sur les contextes qui le replient, le réduisent, l’abîment qu’elle nomme « biocides ».

Il ne s’agit pas d’un xième manuel sur le bonheur qui nous engagerait dans un déni de la tristesse, des tensions, de la mort.


« L’élan vital, Antidote philosophique au vague à l’âme contemporain » publié chez Calmann Levy se lit d’une traite, ou se butine, ou se médite.


Sophie Chassat a écrit lors du premier confinement. Son texte est ancré dans ce qui se trame encore dans nos vies : contraintes, frustrations, fixations. Rien de plus beau, dans de telles circonstances que de rendre présent « l’élan vital » comme mouvement, création, interrogeant notre rapport au corps, aux émotions et au temps.

L’auteure explore les contours de l’élan vital, peu défini dans l’histoire de la philosophie car « il ne se laisse pas réduire en système ». Elle nous rend conscient.es des environnements biophores : la vie intérieure, les trésors du monde, le lien aux autres, et nous alerte sur les biocides : l’idéal, les normes, la plainte, qui nous empêtrent et freinent notre puissance d’agir.


Elle conclut sur l’élan collectif : « Pérenniser un élan vital à grande échelle, cela ne peut sans doute se faire que si, outre une émotion, se précise une raison d’être ensemble. »


A court terme l’élection présidentielle à la recherche vaine d’un humain providentiel et dans un futur proche, un changement climatique affectant nos manières de vivre, sont révélateurs de nos manques de raison d’être ensemble.


Je partage les dernières phrases de Sophie : « Cet « élan » doit reprendre son sens premier d’arme de combat : une « lance » à jeter avec force contre l’ultra-mécanisation et la dévitalisation en cours de nos existences. Notre responsabilité est de le réactiver, de l’amplifier et de l’essaimer autour de nous, partout où cela est possible. Littéralement, il nous faut désormais être sur le qui-vive. »

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