Dialogue intérieur "soi comme un autre"


Les pensées et les images nous arrivent en flux quasi permanent. Elles ont des effets sur nous. Allant de la fixation comme une ritournelle à un entrechoquement de fulgurances et d’associations d’idées, en passant par le songe éveillé, état de flottement reposant.

À ces pensées et à ces images sont rattachées des émotions. Les émotions de base sont la peur, la frustration, la colère, la tristesse, la joie, l’amour, la passion. Les chasser est un leurre. Les examiner, les prendre avec soi est un gage de se rapprocher de soi.

Les inclure au dialogue intérieur est une reconnaissance de ce qui nous traverse. Accepter permet souvent de dépasser. La lutte, la résistance sont parfois le meilleur moyen de se crisper.

Le dialogue intérieur est un voyage qui part d’un bilan calme de l’état émotionnel, physique, mental et j’oserais ajouter de l’âme.

Le dialogue intérieur est le plus souvent la recherche préalable à la prise de décision que l’on croit ne pas avoir déjà prise. Le plus souvent nous vivons la confirmation de quelque chose d’enfoui. Un dialogue prédéterminé. Nous bricolons. Nous échafaudons : faire des hypothèses, mesurer le pour et le contre, débusquer les auto-pièges, s’irriter des sempiternelles répétitions, intégrer l’avis des autres, vivre une dispute entre plusieurs parties de soi, cela fait partie de notre élan vivant vers l’action. Nous y découvrons, en n'y prenant garde, un mouvement (parfois minuscule) de soi en lente métamorphose silencieuse : « ah je raisonne, je ressens, je respire, j’imagine autrement ».

« Soi comme un autre » nécessite une distance, un point de vue extérieur qui se rapproche doucement et fermement. Avec une parole d’interpellation qui s’ajuste. Comment je me parle ? Gentiment ? Avec dureté ? Est-ce que je me malmène comme je l’ai été dans le passé par autrui ?

L’élaboration du dialogue émergent peut partir d’un songe, d’une association d’idées. À un moment donné, un horizon se dessine, un fil se dégage, un focus existe.

La pensée s’organise autour de « et si », « d’un autre côté », « sous un autre angle », de « oui mais », « et en même temps ».

Le résultat du dialogue apparaît aussi, parfois, tout simplement sous une synthèse inédite, dont le cheminement vécu en un instant nécessite de prendre les méandres du chemin à rebrousse-temps pour en reconstruire les étapes secrètes. Seul moyen de se rendre audible à autrui sous peine d’un « et alors ? » dubitatif, d’incompréhension des tenants et des aboutissants de la synthèse.

L’esprit déambule, des images s’imposent, des réminiscences de son interfèrent.

Tout va bien. Le dialogue intérieur se nourrit du passé, des rêves, des avenirs probables, de questions.

Cela semble peu. Cela change tout. Un petit manque de conscience de soi et le dialogue intérieur perd toute saveur.

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